6 min | 09 déc. 2020

Nomophobie, symptôme d'une époque ultra connectée

Et toi, combien de temps passes-tu sur ton téléphone chaque jour ? La nomophobie, ce mal du XXIe siècle bien ancré dans son temps et qui touche bien plus de personnes qu'il n'y paraît...

Qu'est-ce que la nomophobie ?

Couronné “mot de l’année” en 2018 par le Cambridge Dictionnary, ce terme résulte de l’ingénieuse contraction de “no mobile phone phobia”, une expression anglo-saxonne découlant du phénomène d’hyper-connectivité ambiant dicté par l’omniprésence d’Internet et des réseaux sociaux. Et pour cause, la nomophobie renvoie à l’ensemble des angoisses plus ou moins envahissantes qui peuvent nous inonder à l’idée d’être privée de son smartphone adoré, dont près de 73% des Français sont aujourd’hui équipés (source : Baromètre du numérique 2017/ CRÉDOC). Toutefois, malgré sa dénomination, la nomophobie semble entrer davantage dans la catégorie des addictions que dans celle des phobies. D'ailleurs, l'entrepreneur à succès Elon Musk, président de Tesla et de SpaceX, s’est toujours plu en interview à qualifier les humains de cyborgs, tant le téléphone portable prend une place importante dans nos vies.

Quelles sont les origines de la nomophobie ?

On reconnaît le nomophobe à sa capacité à consulter compulsivement son téléphone ou à scroller inlassablement son écran quand il a le malheur de l’avoir à portée de main. Un week-end en rase campagne sans réseau, une soirée avec une batterie à 3% ou pire, une journée entière au bureau avec le portable malencontreusement oublié à la maison : autant de situations qui plongent le nomophobe, novice ou avéré, dans un désarroi de crainte et d’anxiété.

Ce phénomène étant très répandu chez les jeunes depuis l'avènement des smartphones, une étude OpinonWay/Smerep de 2018 a révélé que 20% des étudiants passaient plus de 6h par jour sur leur téléphone. Aujourd'hui, ce mal du 21e siècle touche tout le monde et les jeunes ne sont pas forcément les plus touchés.

Ce "mal du siècle” répondrait à des problématiques sociales, relationnelles mais également professionnelles : 60% des Français consultent leurs mails via leurs smartphones. Que ce soit dans la vie personnelle ou professionnelle, être joignable est devenu avec le temps une nécessité. Les cadres trentenaires développeraient ainsi une angoisse de la performance qui les pousserait à vouloir sans cesse être joignables et donc d'avoir leur portable en permanence à portée de main.

Pour les plus jeunes la nomophobie peut se déclarer dès le collège, c'est effectivement l'âge ou l'adolescent obtient son premier téléphone, souvent pour être joignable par ses parents. S'en suit une utilisation abusive parfois peu contrôlée qui peut même être nuisible dans certains cas. Dans un paradoxe social, un adolescent sans smartphone se retrouvera "hors" classe sociale et en marge de ses camarades en possédant un. Comme pour un trentenaire, l'adolescent se veut ultra-joignable auprès de ses amis afin notamment d'être à jour dans l'actualité de sa sphère. C'est pourquoi retirer le smartphone d'un jeune revient à le couper de sa sphère sociale, sphère sociale qui comme vu peu être néfaste.

Quels en sont les signes ?

L'utilisation compulsive du téléphone portable finit par avoir des conséquences néfastes sur la vie sociale, professionnelle ou familiale, ne serait-ce que par son caractère chronophage. De plus, les nomophobes, soucieux de se montrer performants se veulent joignables constamment et ne s’autorisent aucune déconnexion, même au-delà des horaires de travail ou de cours. Cette attitude génère une fatigue mentale et un stress considérable bien plus impactant sur la productivité que de ne pas répondre à un appel ou un SMS de temps en temps.

Il existe de nombreux phénomènes tant physique que psychique générés par cette addiction 2.0. La plupart des maux liés à la nomophobie ne sont pas connus mais inquiètent déjà de nombreux spécialistes. Voici une petite liste non exhaustive des signes les plus courants :

  • Fatigue mentale,
  • Stress,
  • Perte de concentration, irritabilité
  • Trouble du sommeil
  • Abandon d'activité habituelle

Si tu penses avoir contracté un ou plusieurs de ces symptômes, n'hésite pas à aller parler avec ton médecin. On t'a aussi préparé une petite liste de conseils et astuce pour reprendre ta santé en main !

Nos petits conseils !

Ce problème étant récent il existe peu d'études et de "traitements" sur ce phénomène, mais heureusement pour nous, les fabricants de smartphones ont bien saisi l'importance de ce problème. Il existe donc de nombreuses applications de gestion du temps-écran. voici quelques une de ses applications :

  • Temps d'écran (iOS) : Depuis septembre 2018, Apple propose la fonctionnalité « Temps d’écran » sur iOS. Celle-ci permet d’identifier ses mauvaises habitudes en calculant le temps passé sur les applications et autres capacités de son téléphone. Avec « Temps d’écran » il est possible de brider ses propres usages et rendre « inutilisable » une application ou une famille d’applications (réseaux sociaux, jeux…), lorsque le quota fixé est dépassé ou durant une plage horaire de son choix. Enfin, « Inutilisable », entre guillemets, car il suffit de cliquer sur « ignorer la limite » pour accéder à l’application. Faire ce test sur iPhone peut toutefois être un bon moyen de prendre conscience de son degré d’addiction. Un premier diagnostic afin de savoir comment s'attaquer au problème.
  • Offtime (iOS et Android) : Offre d’abord quelques statistiques sur son activité : temps total passé sur l’appareil, sur telle ou telle appli, nombre de SMS envoyés, durée maximale sans déverrouiller l’écran, etc. Et permets de comprendre là où on passe/perds le plus de temps. Quand on est au travail, il est possible de bloquer l’accès à certaines applis (au hasard, Facebook), et filtrer les appels entrants pour que seuls certains amis par exemple puissent vous joindre (un message peut être envoyé automatiquement aux autres contacts). C’est l’avantage de cette appli, elle aide à se déconnecter de façon personnalisée. On décide de la durée d’utilisation quotidienne de son téléphone, et on détermine quelles fonctionnalités restent actives et à quels moments.
    Autre option : configurer le temps pendant lequel on veut décrocher de son smartphone. Si on ne respecte pas cette limite, on devra attendre soixante secondes pour que le téléphone se débloque.
  • Flipd (iOS et Android) : Si on est complètement accro ? Aux grands maux, les grands remèdes. Le principe de « Flipd » est très simple : il suffit de définir le temps maximum que l'on souhaite passer sur chaque application chronophage. Si on dépasse cette limite… le smartphone se bloque. Il n'est alors autorisé que de passer des appels ou envoyer des SMS. Au moins, c'est radical. Et n’essayez pas de tricher : éteindre et rallumer son téléphone ne permet pas de remettre le compteur à zéro. Vous faites partie des (nombreuses) personnes incapables de terminer une tâche sans lire le texto qu’on vient de vous envoyer ? « Flipd » permet aussi de bloquer le téléphone pour se concentrer et terminer ce qu’on était en train de faire. Des SMS automatiques sont envoyés aux personnes cherchant à vous joindre pour les prévenir que vous êtes occupé.
    Vous pouvez toujours recevoir les appels importants (de la part de numéros de téléphone que vous aurez préenregistrés) et, en cas d’urgence, vous pouvez déverrouiller votre smartphone pendant soixante secondes.
  • Forest (iOS & Android) : Si on a besoin de motivation, l’application « Forest » nous met au défi à coups de graines plantées dans le sol. Il faut alors choisir pendant combien de temps on souhaite mettre de côté son téléphone, la minuterie se déclenche et l’arbre (imaginaire et numérique) se met à grandir petit à petit. Si on flanche en recevant une notification ou un SMS, et que l'on quitte l’application, notre arbre sera tué. L’application fonctionne donc sur le mode de « la carotte et du bâton » : si on est patient, on reçoit une notification informant que « notre arbre a grandi ». Dans le cas contraire, un message d’alerte secoue avant que la sentence ne tombe : « notre arbre va mourir. Retournez immédiatement sur Forest pour le sauver. » Cruel et efficace si on veut créer une forêt dans son téléphone et l’admirer en se rappelant toutes les fois où on n’a pas été distrait.

Sinon, faire le ménage parmi ses applications et dans les réglages des notifications ne sera jamais inutile. Ne garder que l’essentiel, ce qui est impératif et supprimez le reste pendant une semaine, c’est le meilleur moyen de se rendre compte si on ne va pas sur une application purement par habitude, plutôt que par nécessité.

Lisa F.

Passionnée par le domaine de la création, l'art me touche sous toutes ses formes : dessin, musique, écriture, design... j'aime autant produire que contempler. Également très curieuse, j'adore me tenir informée des nouveautés en tout genre, découvrir de nouvelles choses ou de nouveaux lieux, et c'est pourquoi j'ai aussi un petit côté globe-trotteur qui me colle à la peau !